Les Espagnols en Afrique du nord, diversité d’engagement

Intervention au Musée des Invalides pour l’association “Les Compagnons du 8 novembre 1942”, le 25 novembre 2019.

La chapelle de Santa Cruz à Oran (Photographie personnelle)

La présence des Espagnols en Algérie commence sur un souvenir d’adolescence. Tous les jours je descendais un boulevard de ma ville d’origine, Villefranche sur Saône, pour aller au lycée. en croisant la plaque d’un homonyme : Dominique Garcia. C’était la plaque d’un Algérien comme m’avait dit ma grand-mère, mort en 1944 durant la libération, quelques semaines après avoir débarqué en Provence dans les rangs de l’Armée d’Afrique. D’autres Pieds-noirs « espagnols de cette génération ont fait rayonner la France dans le monde, à leur manière. Albert Camus, Marcel Cerdan, Emmanuel Roblès tous issus de cette émigration souvent oubliée de l’historiographie officielle. Il m’apparaissait fondamental dans ce colloque de rappeler et de comprendre le destin d’hommes en pleine force de l’âge amenés à croiser à partir de la fin de la guerre d’Espagne, leurs cousins éloignés, vétéran de l’Armée républicaine pour libérer la France.

L’Histoire et ses méandres.

La présence en Algérie des Espagnols est très ancienne, notamment dans l’ouest du territoire. Fernand Braudel avait écrit un ouvrage sur « les Espagnols en Berbérie » rappelant les liens ancestraux que ceux-ci entretiennent avec ce territoire.

Oran apparaît comme un véritable îlot ibérique en pleine Algérie française. Sans remonter aux marins andalous qui accostaient sur ses côtes au IXème siècle, la ville a été une possession espagnole pendant près de trois siècles de 1509 à 1792. De la moitié du XIXème siècle jusqu’à la fin des années 20, l’émigration espagnole est constante et devient rapidement la première communauté étrangère chez les Européens, à Oran et les villes environnantes comme Mostagadem ou Sidi Bel Abbès et dans une moindre mesure à Alger. La majorité de cette population est originaire des Baléares, du Levant et, à une moindre mesure, d’Andalousie, notamment de la ville d’Almeria.

En 1881, on estime, selon l’historien Pierre Darmon, à 114 320 le nombre d’Espagnols (essentiellement des Levantins de Murcia ou de Valencia). Au début ouvriers agricoles, beaucoup vont par la suite se spécialiser comme maçons, boulangers ou comme dockers. La majorité vit dans des quartiers miséreux de Bab-el Oued ou Belcourt à Alger. Si une petite élite commerçante émerge, il faut attendre une ou deux générations pour voir émerger des instituteurs ou des pharmaciens de cette communauté. L’historien espagnol Juan Bautista Vila écrit au sujet des immigrés Espagnols,

« pépinière de main-d’œuvre » dont la France avait besoin pour construire l’Algérie : « Pendant la conquête et jusqu’au début du XXe siècle, la réticence massive de la population autochtone à collaborer avec l’occupant européen a rendu indispensable le recours à une main d’œuvre importée». Enfin et surtout, autre disposition essentielle de cette période charnière dans l’histoire de l’Algérie française, l’application aux Européens de la loi du 26 juin 1889 sur le droit du sol, aurait créé sur tout le territoire plus de 150.000 Français en moins de 30 ans. Un faubourg comme Babel-Oued (Alger) voit ainsi sa population de nationalité Espagnole passer en 25 ans de majorité (54 %) à minorité (36 %), entre 1876 et 1901. Idem en 1927, avec le décret favorisant la naturalisation des enfants d’Espagnols pour combler une démographie française marquée par la Grande guerre. Ces Espagnols s’emploieront en particulier dans l’industrie du bâtiment, comme ouvriers agricoles ou comme boulangers. L’exemple parfait de cette intégration est Joseph Begarra. Petit-fils d’émigrés espagnols : il est repéré par son instituteur et parvient à faire l’Ecole normale à Alger, symbole d’une méritocratie républicaine dont l’école est le pilier.

Les années 30, les années de tension :

En 1932, la Fédération d’Oran lui confia la tâche de relever Le Semeur, l’hebdomadaire fédéral, dont la gestion était déficitaire. L’Oranie comptait une douzaine de sections, celles de Tlemcen et de Sidi-Bel-Abbès étant les plus importantes. Très vite, le journal fut remis à flot et tira à 2 ou 3 000 exemplaires. À Oran, il se vendait à la criée, malgré l’opposition du noyau de militants communistes regroupés autour de Torrecillas, très populaire sur le port et dans le vieil Oran.

En 1935, Joseph Bégarra devint secrétaire fédéral-adjoint, chargé de l’administration, il le demeura jusqu’à la guerre. Il avait gagné suffisamment d’influence à la Fédération pour obtenir de créer une section à Aïn-el-Turck, contre l’avis d’Henri Bertrand, son directeur d’école, secrétaire d’Oranie du Syndicat National des Instituteurs. En mai 1936, Oran élisait député Marius Dubois, secrétaire fédéral, le seul député de la SFIO élu outremer avec Marcel Régis, élu député à Alger. Certes, la victoire n’avait été remportée que grâce au maintien, au second tour, de l’abbé Lambert, maire d’Oran, aventurier populiste, et populaire, que la Droite traditionnelle exécrait au point de voter pour le candidat Croix-de-Feu. Minoritaires à Oran, les forces de gauche se resserrèrent autour d’une SFIO très combative, très rouge, très proche par nécessité des communistes, appuyée par les Juifs et par les Musulmans. En face, les Droites s’étaient rassemblées autour de l’abbé Lambert qui portait au revers de sa soutane l’insigne du PPF. Le patronat oranais les subventionnait largement, car les grandes grèves de juin 1936 avaient été très dures à Oran, où le PC organisait les piquets de grèves tandis que les instituteurs du SNI rédigeaient les cahiers de revendications. La majorité des militants comme des « gros bras » sont des Espagnols, notamment recrutés dans les docks.

De 1936 à 1938, Oran fut, plus encore que Marseille, la ville française où les affrontements politiques étaient les plus violents, les plus meurtriers. Le Préfet décrivait la ville au bord de la guerre civile. Marius Dubois étant député à Paris, et Henri Bertrand étant absorbé par la direction de l’UD-CGT d’Oran,

Joseph Bégarra fut de fait secrétaire fédéral. Il enseignait à présent à Oran, dans le quartier de Saint-Eugène. Il était d’autant plus écouté qu’il s’exprimait couramment en espagnol valencien, et en arabe oranais. Qu’il soit lieutenant d’artillerie (du cadre de réserve) ajoutait encore à son prestige. Se répandait alors au Parti communiste algérien la boutade selon laquelle « un petit-bourgeois social-démocrate d’Oran est plus révolutionnaire qu’un ouvrier communiste d’Alger ».

La guerre d’Espagne, le début des hostilités

La tension était encore plus forte, depuis qu’en juillet 1936 l’Espagne était en proie à la guerre civile. L’abbé Lambert avait des relations étroites avec les franquistes, dont les victoires étaient fêtées par les beaux-quartiers d’Oran qui pavoisaient à leurs couleurs. Mais le petit peuple espagnol d’Oranie était passionnément républicain. Joseph Bégarra à la mi-août 1936 gagna Alicante, où il dirigea une formation accélérée d’artilleurs dans un camp de l’armée républicaine. Il y consacra à nouveau ses vacances de l’été 1937. Malgré la menace d’être suspendus, Joseph Bégarra et sa femme étaient du petit nombre d’instituteurs qui firent grève le 30 novembre 1938.

Parallèlement à la vie quotidienne en Algérie, la Retirada arrive en France. Plus 500 000 réfugiés passent les Pyrénées mais également les côtes algériennes fuyant l’arrivée des troupes de Franco. Le tout dans des conditions misérables et tragiques. Le 29 mars 1939, le bateau « le Stanbrook » dirigé par un Gallois Dickson quitte le port d’Alicante avec 2638 personnes entassés dans les cales jusqu’au pont. Les autorités françaises, et républicaines, refusent l’arrivée sur le port du bateau. Ils prétextent qu’un millier de personnes n’est pas enregistré sur les registres d’émigration du port. Devant les problèmes sanitaires déplorables, 600 personnes, femmes et enfants sont autorisés à arriver sur terre ferme. Pour les autres, essentiellement des combattants, l’enfermement commence à destination des 9 camps existant en Algérie tels que Colomb-Béchard dans le sud oranais ou le Camps Morand à Boghar dans l’Algérois que nous aborderons plus tard avec un autre intervenant. Parmi les réfugiés, on retrouve un homme appelé à un destin hors du commun, Amado Granell dont j’ai écrit une biographie plusieurs fois traduite.

En septembre 1939, mobilisé, Begarra fut envoyé dans une batterie de 105 long sur la ligne Mareth, dans le sud tunisien, face aux forces italiennes de Libye. Avant la fin juin 1940, par le « téléphone arabe » le contenu de l’appel du 18 juin 1940 parvint à sa batterie. Le capitaine, juif d’Oran, et les six lieutenants, instructeurs, calculaient comment rejoindre le général De Gaulle à Londres et reprendre le combat. Mais l’annonce du désastre de Mers El-Kébir, début juillet, dressa les soldats contre les Anglais.

Les Espagnols, sous l’Occupation, survivre et s’engager sous Vichy

A Oran, parallèlement à une résistance gaulliste dirigée par Roger Carcassonne et aux activités du consul américain Murphy, les réfugiés anti-franquistes se réunissent clandestinement dans des cafés tenus par des Espagnols. Sociologiquement, en comparaison à l’émigration en France, ce sont les dignitaires de la IIème République qui sont sur place : des officiers de l’armée, des hommes politiques de 1er plan, des ingénieurs etc. Le Grand Orient d’Espagnol qui comptait 6 frères sur 11 dans le gouvernement de la République se réunit avec ces Frères Français. Idem pour les membres du PSOE qui se retrouvent chez un ancien député socialiste Salvador Garcia Munoz. Cet ancien médecin devenu tailleur est un rouage essentiel chez les réfugiés à qui il fournit des papiers administratifs. Les cercles s’organisent. Les réfugiés tentent pendant une année ou deux de survivre. Le climat en Algérie se raidit. La population européenne est farouchement maréchaliste. La police de Vichy est impitoyable et le camp de Djelfa accueille beaucoup d’anarchistes.

La majorité des Européens d’Algérie subissent de plein fouet la crise. Peu ont des enfants prisonniers et la vie continue tant bien que mal dans ce contexte.

Le réseau de résistance auquel participa Joseph Bégarra en 1940-1942 n’avait pas de contact direct avec Londres. Il se limitait à la transmission de maigres renseignements et était en rapport avec certains militants communistes clandestins pour échange d’informations. À Oran, la répression politique vichyste s’accélère. Les anarchistes sont les premiers touchés. Peu de mesures d’internement en camps, en dehors de militants ou de sympathisants actifs du Parti communiste, les seuls dont l’organisation clandestine ait entretenu une campagne sporadique de tracts et d’inscriptions murales. Mais les mesures de révocations furent nombreuses, contre les francs-maçons notamment. Dans les petites villes et les villages, guidés par les haines de clocher, l’internement frappa les socialistes aussi.

Avec l’Opération Torch, les choses basculent. Dans la confusion des combats qui ont opposé l’Armée d’Afrique aux Anglais et aux Américains, le 8 novembre 1942, Joseph Bégarra parvint à éviter de rejoindre son régiment qui eut plusieurs dizaines de morts. Comme nous avons pu le voir, la résistance, bien que sporadique, joue son rôle contre des éléments vichystes déterminés à ne pas lâcher leur pré-carré.

Amado Granell semble avoir été courant du débarquement bien avant. C’est un des rares Républicains à avoir joué un rôle lors du débarquement. Comment l’a-t-il su ? La question est peu claire. Peut-être via Duran, son ancien officier supérieur en Espagne devenu Consul américain à Cuba. Toujours est-il que la population européenne fête les Américains comme de véritables libérateurs. Ces derniers n’arrivent pas en territoire inconnu. L’OSS et les services diplomatiques ont bien préparé le débarquement et connaissent la population.

« J’étais en train de pêcher avec mon père, sur la plage des Pêcheurs, à 20 kilomètres d’Oran quand on a vu arriver des bateaux et vu débarquer une grande quantité de soldats. Mon père a eu très peur. On a d’abord cru que c’étaient des soldats allemands ou des troupes de Franco, il m’avait semblé entendre parler espagnol, et on s’était caché derrière des dunes. En voyant leurs uniformes, et un drapeau avec des étoiles, comme ceux que je voyais dans les films de cow-boys, on s’est vite rendus compte qu’ils étaient américains mais ils devaient être du Texas ou de Californie parce qu’ils parlaient espagnols. Comme les habitants de la région d’Oran étaient d’origine espagnole, les Américains avaient envoyé un corps expéditionnaire hispanique dirigé par le colonel Ramirez. »

Le témoin de cette scène se nomme Daniel Hernandez. Il est né le 6 janvier 1924 à Almeria dans une famille de pêcheurs. Poussé par la misère, il émigre avec sa famille en 1930 d’abord Alger puis à Oran où la famille vit, comme nombre d’Espagnols, dans des conditions très difficiles. Immédiatement, Hernandez, âgé de de 18 ans, sert de guide aux Américains jusqu’à un village où était stationnées des batteries de guerre de la 64ème artillerie d’Oran dont il connaissait le lieutenant, vendeur de poisson. Il fait l’intermédiaire et aucun coup de feu n’est tiré. Immédiatement, il s’engage dans un bataillon d’Infanterie américain pour combattre quelques semaines plus tard en Tunisie contre Rommel.

Quelle est la réaction des Républicains Espagnols face au débarquement? Depuis plusieurs jours, une rumeur circule qu’un débarquement va arriver. Les réfugiés espagnols sont fous de joie et beaucoup veulent reprendre du service pour libérer l’Europe avec l’espoir de renverser Franco. Sur Oran, Granell semble avoir pris part à la résistance quelques temps auparavant. Comment a-t-il su l’existence de ce débarquement ?

Les Espagnols au combat, les Républicains pour de Gaulle et les Pieds-Noirs pour Giraud

Drapeau des Corps Francs d’Afrique (Droits réservés)

Les nouvelles autorités françaises, appuyées par les Américains décident de créer les Corps Francs d’Afrique dans le but de participer aux côtés des Alliés à la libération du territoire national. Les Corps Francs se sont formés au Maroc alors protectorat français le 25 novembre 1942 sur demande du général Giraud. Les Américains soutiennent ce général évadé d’une prison allemande pour faire barrage au général De Gaulle. Rapidement mis en place, malgré les réticences d’une armée plus vichyste que jamais. Les volontaires sont très nombreux : gaullistes, giraudistes, Européens d’Algérie dont nombre de Juifs et d’Ibériques et beaucoup de Républicains dont Granell. Ces unités sont rapidement formées afin de combattre la mythique Afrika corps dirigée par le général Rommel.

Les Corps Francs sont dirigés par un vétéran de la Grande guerre, le général de brigade Joseph de Goislambert de Montsabert. Un nombre très important de Républicains espagnols s’engagent. Ils se retrouvent en majorité dans le 3ème Bataillon. Deux compagnies sont touchées : la 3ème dirigée par un Espagnol, l’Amiral Miguel Buiza, ancien officier de la Légion Etrangère et la 9ème, dirigée par Joseph Putz, un Vétéran de la Grande guerre et des Brigades internationales. Ces deux hommes vont recruter directement dans les cercles espagnols. Amado Granell apprend la présence de Joseph Putz .Le 25 novembre, il s’engage avec ses papiers militaires espagnols.

Ils vont côtoyer d’autres Républicains espagnols engagés depuis le début de la guerre dans la Légion étrangère où ils représentent la première nationalité étrangère, soit 28 % des effectifs. Le 3ème Régiment étranger d’Infanterie qui s’est notamment illustré à Bir Hakeim est composé en très grande majorité de réfugiés.

Les Granell, Hernandez, Begarra ou Buiza connaissent des chemins différents au service de la France Libre. A partir de 1943, après la prise de Bizerte, on demande aux hommes de choisir entre les troupes de Leclerc et ceux de De Lattre, les Républicains des Corps Francs d’Afrique rejoignent majoritairement la 2ème division de Leclerc et en particulier la fameuse « Nueve » où Granell joue un rôle stratégique. Il recrute directement les Hernandez, Campos, Fabregas qui quittent leur régiment pour suivre le Valencien. Cette unité où le castillan domine en même temps que le drapeau républicain côtoie celui de la France Libre est un véritable paradoxe dans les rangs d’une armée française en reconstruction et en manque de reconnaissance. Ces apatrides appartiennent tout simplement à l’avant-garde de la 2ème DB où ces Rouges seront à la fois craints et profondément respectés. Les Pieds-noirs espagnols sont moins soupçonneux et un grand nombre se retrouvent dans l’Armée d’Afrique dirigé par des officiers gaullistes ou giraudistes. Le sous-officier Lucien Camus, frère d’Albert, dirigeant au mouvement « Combat » et fils de Catherine Sintès de Minorque ou Emmanuel Roblès, officier interprète et correspondant de guerre, en font partis.

Begarra comme des milliers de ses compatriotes Oranais ou Algérois combat. L’ancien résistant rejoint son régiment fin novembre 1942 pour la Tunisie où il se battit jusqu’en mai 1943 contre les troupes de l’Axe.

Bilan et reconnaissance

Les taux de mobilisation des Européens d’Afrique du Nord en 1944/1945, entre 16 et 17 % de la population active, dépassent en effet les plus forts taux de mobilisation de la Première Guerre mondiale.

En tout, il y aura 170.000 hommes mobilisés, dont 120.000 pour la seule Algérie. Il n’y a qu’à remonter la vallée du Rhône et franchir les Vosges pour regarder les patronymes ibériques sur les plaques. Le 15 août 1944, Begarra débarqua avec sa batterie en Provence, dans les rangs de la 2° Division d’infanterie de montagne, participa à la libération de l’Alsace et passa le Rhin en mars 1945. Mais il termina la guerre en Normandie, à l’instruction, le commandement de sa batterie ayant été donné à un conseiller d’État affligé de la francisque, en voie de réhabilitation.

Les Républicains de Leclerc partent en Normandie, entrent les premiers dans Paris et protègent De Gaulle le 26 août sur les Champs Élysées. Le lieutenant Granell est le premier à percer les lignes allemandes pour être reçu par les autorités de la Résistance à l’Hôtel de Ville. C’est également lui qui ouvre le défilé du 26 août au moment où le général De Gaulle revient en chef de la France Libre victorieux à Paris.

Ceux de la légion et les Pieds-Noirs feront Monte Cassino, le débarquement de Provence et libéreront avec l’aide des maquis locaux la vallée du Rhône, les Vosges rejoints par la 2ème DB venue de Paris en direction le Nid de l’Aigle.

Nombre important de ces combattants recevront la Croix de guerre, des multitudes de citations. Granell sera décoré de la Légion d’honneur en 1947 parallèlement à ses cinq citations sans compter la Presidential Unit. Le légionnaire Etelvino Perez, vétéran de Narvik et Bir Hakeim, meurt le 25 mai 1944 à San Giorgio. Il est à ce jour le seul « Rouge espagnol » fait Compagnon de la Libération, cette chevalerie gaulliste si forte de sens. Il fut bien seul.

À l’automne 1945, Joseph Bégarra fut élu secrétaire fédéral, lors du congrès de la Fédération d’Oran de la SFIO. La Fédération compte alors 2 500 militants dont beaucoup d’Espagnols.

Car derrière le terme « Pied-noir » qui a pris un tâcheron très politique avec la guerre d’Algérie, c’est toute la diversité d’une communauté unie par un exode qui ne doit pas faire oublier qu’aux côtés de leurs cousins arrivés en 1939 avec la guerre d’Espagne, ces Ibères auront joué numériquement et militairement un rôle prépondérant dans la défense de leur nouvelle Patrie qui avait accueilli leurs parents et grands-parents avec parfois beaucoup de mépris. On ne rappellera jamais assez ce sacrifice dans une guerre de volontaires où l’esprit des guerilleros s’est totalement incarné et sublimé.

One Reply to “Les Espagnols en Afrique du nord, diversité d’engagement”

  1. Merci pour cet éclairage.
    D’un point de vu juridique, la loi du 26 juin 1889 a donné à mes ancêtres la nationalité française …Je ne le savais pas. Ils venaient de Murcie (Murcia), et était présent en Algérie depuis 1870. Et c’est les effets de cette loi qui ont fourni à la France un gros contingent de combattants pendant la 1ère Guerre Mondiale, d’origine espagnol. Nombre d’entre eux sont morts sur le territoire métropolitain qu’ils ne connaissaient pas (un de mes arrières grands parents est mort à Lille, en 1914). Du droit du sol au droit du sang… 🙂

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